Dans les Pyrénées-Orientales II (màj 14/11/05)

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L’Indépendant – mercredi 2 fevrier 2005

Perpignan

Le préfet Thierry Lataste : “140 000 personnes se trouvent en zone inondable”

Arrivé le 24 mai 2004, le préfet Thierry Lataste connaît déjà parfaitement les Pyrénées-Orientales. La prévention des risques est au centre des préoccupations des services de l’Etat dans un département quatre fois exposé que celui de l’Hérault.

Commençons par l’actualité immédiate. Dans le dossier des radars, la presse a eu le sentiment que les autorités avaient été au centre d’un beau cafouillage. Qu’en pensez-vous ?

Si certains ont pu imaginer qu’il y avait un cafouillage, c’est que, tout simplement, nous n’avions pas toutes les informations souhaitées et demandées par la presse. Nous avions prévu de mettre en service les trois radars le lundi matin (ndlr le 24 janvier). Mais à partir du moment où la presse avait diffusé cette information, je n’ai pas voulu que le automobilistes prennent ces endroits pour un terrain de jeu pendant deux jours. C’est pour cela, que les radars ont été mis en fonction le vendredi soir, c’est-à-dire deux jours avant la date initiale.

Qui a pris la décision ?

J’ai proposé cette date au procureur de la République.

Il est question que deux autres radars arrivent dans le département. Seront-ils en service en 2005 ?

Oui, c’est un délai raisonnable. Ils seront opérationnels au cours de cette année. je peux même ajouter que si le principe de l’installation du radars sur la RD83 (Claira-Le-Barcarès) n’est pas remis en cause, en revanche je me demande si celui de la RD117 (dans le Fénouiliède) s’impose comme une priorité. Nous regardons si une alternative est préférable.

Vous êtes arrivé le 24 mai 2004 dans le département. Quel est voter sentiment après avoir fait de nombreuses visites ou réunions dans les Pyrénées-Orientales ?

Je crois que l’on fait bien ce métier, si l’on connaît bien son département. Voilà pourquoi je vais très souvent à la rencontre des gens. Je les trouve très accueillants et conviviaux.

D’un point de vue économique, quel est votre regard ?

Ce qui est frappant, c’est la construction du tissu économique qui est bipolaire. D’un côté, le primaire avec l’agriculture et la pêche, de l’autre les activités de service. Entre les deux, le tissu industriel est étonnamment faible. Et cela me frappe d’autant que nous sommes dans un triangle Toulouse – Barcelone - Montpellier, ce qui devrait favoriser l’activité économique sur les métiers porteurs.

Justement, l’arrivée en 2009 du TGV espagnol est-elle, selon vous un levier pour faire émerger noter économie ?

C’est assurément un atout. Les P.-O. seront à quarante minutes de Barcelone, qui se trouve être une des zones les plus dynamiques d’Europe. Il y aura, c’est certain, des opportunités d’investissement pour les chefs d’entreprise d’ici.

Quels sont les autres leviers susceptibles de faire décoller le département ?

Il me semble que les conditions de vie sont de plus en plus un atout d’implantation de nos jours. Il est évident que ce pays avec la qualité de son cadre de vie, a une autre vocation que l’accueil des retraités et des préretraités.

Faut-il pour cela une impulsion politique ?

Ce n’est pas la seule condition. Mais une politique d’accueil concertée, faite en cohérence et non pas dans la dispersion, doit prévaloir.

Quel rôle peut jouer l’Etat dans cet essor ?

Nous avons un rôle de “facilitateur”. Nous devons opérer nos missions de contrôle, mais nous devons surtout faciliter toutes les initiatives et nous ne devons pas les décourager.

Quels sont vos rapports entretenus avec les collectivités locales ?

Ces rapports me semblent francs et loyaux.

On a compris récemment, dans un discours du président du conseil général Christian Bourquin, que celui-ci serait très vigilant sur le transfert des moyens.

Dans ce domaine, je suis très à l’aise, car c’est un principe constitutionnel parfaitement contrôlé. Le transfert des moyens est lié, au centime près, au transfert des compétences.

L’une de vos priorités est la sécurité routière. En 2004 sur les routes de 47 morts sur les routes n’était la méthode répressive ?

C’est un des grands chantiers choisis par le Présidents de la République. Et, c’est un devoir dans notre pays de protéger nos concitoyens. La répression est l’un des volets, mais nous nous inscrivons également dans une politique de prévention avec notamment ces stages qui vous permettent de voir réalité des accidents en face et récupérer, par la même, des points perdus sur votre permis.

Je dois noter que nous avons eu en 2004, 12 % en moins d’accidents corporels et 18 % en moins en nombre de blessés.

Malheureusement, je dois concéder que le mois de janvier 2005 n’est pas bon, avec déjà trios morts.

Les risques majeurs sont également l’une de vos priorités. Où en êtes-vous avec les mairies ?

D’abord, je vais vous donner quelques chiffres. Dans le département des Pyrénées-Orientales 140 000 personnes, soit 32 % de la population, sont en zone inondables. C’est deux fois plus que dans l’Hérault. Nous devons donc mettre au point avec les mairies ce que l’on appelle les PPR (Plan de Prévention des Risques) qui concernent les inondations, les incendies de forêts, le sismique, les événements naturels et les risques industriels.

Sur les 226 communes du département, 53 ont déjà un document de référence, 5 sont en préparation et 33 sont couvertes par un précédent document.

Concernant le traitement des déchets, l’actualité fait ressurgir la nécessité, ou pas, de construire un troisième four dans l’usine de Calce. Quel est votre avis ?

D’abord, je dirai que le traitement des déchets dans le département avec un syndicat, qui regroupe les 226 communes des P.-O., est un bel exemple de travail en commun. La question qui se pose aujourd’hui, c’est de savoir si le département pourra éliminer ses déchets sans un troisième four. Je ne le pense pas et le plan qui vient d’être arrêté en prévoit la nécessité.

THT : un sujet qui irrite les habitants du département et qui a une dimension internationale. Selon vous, en 2010 aurons-nous une nouvelle ligne à haute tension de 400 000 volts ?

Franchement, je ne sais pas. Mais ce que je puis vous dire, c’est que dans cette affaire, avec notamment la Commission nationale du débat public, tout le monde a pu se prononcer. Je considère simplement qu’à un moment donné de al discussion, nous devons faire aboutir les grands projets structurants et tenir nos engagements internationaux.

Propos receuillis âr Yann Marec

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L’Indépendant – mercredi 2 fevrier 2005

Perpignan

Campings Agua Dulce : une cellule de relogement est mise en place

Les 52 familles des camping Agua Dulce, fermés par décision préfectorale, sont à la recherche d’un logement définitif. Pour cela, elles sont aidées et accmpagnées par la Fédération départementale pour le logement social.

À la suite de l’arrêté préfectoral de fermeture des campings Agua Dulce, une cellule de relogement, prise en charge par la Fédération départementale pour le logement social, a été mise en place à la mairie de Saint-Nazaire.

Animée par deux prospecteurs, Jean-Luc Ghrenassia et Mathilde Darras, ainsi que par Nathalie Delon, travailleur social, et Kathy Bourguignon, directrice de la fédération, cette structure a pour rôle, d’accompagner le s52 familles dans la recherche d’un logement définitif.

Rappelons que, désormais ces familles ne pourront plus vivre à l’année dans les mobiles homes de ces deux campings, qui étaient gérés par des syndics de copropriété.

Avec les membres de cette cellule, nous avons fait le point sur les actions qui sont menées en vue d’un relogement définitif.

Quelle est, globalement, la mission de al Fédération départementale pour le relogement social ?

Notre première mission est la prospection dans le secteur socio-immobilier, la médiation en matière de location, l’accompagnement social et les projets de réhabilitation social et les projets de réhabilitation. Il fat savoir que la fédération existe depuis dix ans.

En ce qui concerne Agua Dulce, quelle a été votre première action ?

Dans un premier temps, nous avons rencontré à la mairie de Saint-Nazaire toutes les familles afin d’avoir une meilleure connaissance des familles de ces deux campings et de la situation de chacune d’elles.

Ce premier travail permet de maîtriser et de faire remonter les diverses difficultés qui se posent pour un relogement définitif ; problèmes de santé, de déménagement mais aussi présence d’animaux…

Nous avons également réuni les familles afin de leur expliquer comment nous allions travailler avec eux, et ce que l’on savait faire en matière de relogement.

Dans quel état d’esprit avez-vous trouvé ces familles quand vous les avez rencontrées pour la première fois ?

Toutes ont très mal vécu cette expulsion. C’est très dur. Elles ont dû faire le deuil d’un type d’habitat, d’un cadre de vie proche de la nature où elles se plaisaient. Il ne faut pas oublier qu’elles avaient choisi de vivre à l’année à Agua Dulce. Certaines y résidaient depuis dix ans et même plus.

C’est la raison pour laquelle elles ne supportaient par l’idée de se retrouver dans une HLM, et craignaient de se retrouver à la rue après la fermeture de ces campings.

En fonction de ce constat, comment procédez-vous pour mettre en place un relogement ?

Maintenant, nous savons globalement ce que tous ces gens désirent. Tout d’abord, ils souhaitent être relogés dans le secteur de Saint-Nazaire, Canet, Sainte-Marie ou Alenya, car beaucoup sont membres d’associations, ont des amis ici et, pour certains, des enfants scolarisés. De plus, afin justement de retrouver le cadre de vie d’Agua Dulce, ils demandent à être relogés dans un appartement de type T2 ou T3 de plain-pied, avec un jardin, ou encore dans une petite villa.

Est-ce qu’il vous sera possible de répondre à cette demande, eu égard à la flambée des prix dans le secteur de l’immobilier ?

Nous avons déjà effectué des démarches auprès de propriétaires privés et d’agences immobilières. Nous avons pu constater qu’ils sont très sensibles aux problèmes de ces personnes, et certains nous ont fait des propositions. Nous avons d’ailleurs effectué des visites d’appartements avec des résidents d’Agua Dulce.

Nous expliquons également aux propriétaires que, s’ils souhaitent avec une location à long terme ce qui est le cas avec les familles, il faut qu’ils pratiquent des prix raisonnables.

Notre travail est basé sur l’écoute et l’accompagnement en prenant en compte chaque cas particulier.

Recueilli par Christian Roget

On pourra encore séjourner durant l’été dans ces campings

Il faut tout d’abord rappeler que c’est dans le cadre du plan de prévention des risques que la préfecture a décidé de procéder à la fermeture des campings Agua Dulce, où une cinquantaine de familles vivait à l’année dans des mobiles homes.

Actuellement, elles n’ont donc pas d’autre alternative que de trouver une nouvelle résidence principale. Cependant, il leur sera possible d’effectuer des séjours saisonniers, durant l’été, dans ces campings, à condition qu’elles prennent en charge des travaux de mise aux normes de des deux sites (sécurité, ect…). Mais plus question comme par le passé, d’y résider à l’année.

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L’Indépendant – mercredi 2 fevrier 2005

Perpignan

Agua Dulce II : le dernier round avant l’expulsion… définitive

Hier matin peu après 7h30, la gendarmerie a investi le camp Agua Dulce 2 à Saint-Nazaire. Fin d’une aventure juridique et début d’un drame humain. L’avocat des résidents estime qu’avec le cas Agua Dulce 2, l’Etat “fabrique de l’exclusion”.

Hier matin peu après 7h30, d’importants effectifs de gendarmerie ont investi le camp d’Agua Dulce 2. objectifs officiel des militaires dont l’opération était supervisée par le lieutenant-colonel Hubert : contrôler et recenser les quelques résidents en infraction encore présents sur les lieux (une dizaine), “les considérations liées à la sécurité des personnes dans un camping soumis à un risque fort d’inondation aggravé par la cabanisation qui s’y est développé étant désormais validées par la justice administrative pour procéder à une évacuation d’urgence”. (Communiqué émanant de la préfecture en date du 9 décembre 2004.)

Chemin d’accès au camp interdit aux médias et aux journalistes présents, résidents embarqués en fourgonnette et “exfiltrés” discrètement vers la brigade de gendarmerie de Canet via des chemins de traverse : les grands moyens sont déployés. Face à la voiture des militaires qui barre l’accès à Agua Dulce 2, la fille d’une résidente, en pleurs, attend des nouvelles de sa mère : “C’est honteux, c’est gens non rien fait. Ce sont des petits retraités. On les traite comme des criminels…”

“Les gendarmes nous ont clairement fait comprendre qu’il fallait qu’on se dépêche…”

L’affaire est rondement menée : en une heure, Agua Dulce 2 est vidé de se habitants. Un peu plus tard, alors qu’ils quittent les locaux de la brigade de gendarmerie de Canet où ils ont été reçus, Hélène Tenant, Guy Lelong et d’autres témoins, résidents d’Agua Dulce, effondrés, racontent : “Un contrôle ? C’était une expulsion. On vient de nous faire signer à tous des papiers, il y avait le mot expulsion dessus. Ils nous ont même traités de délinquants, vous vous rendez compte ?” Un monsieur, visiblement ému, explique : “On nous a tirés du lit. Les gendarmes n’ont pas été violents mais nous ont clairement fait comprendre qu’il fallait qu’on se dépêche. A travers le camp, ils devaient bien être plus d’une vingtaine…” Côté préfecture, on indiquait jeudi que dans l’ordonnance du 8 décembre 2004, le juge des référés avait confirmé la légalité de l’arrêté préfectoral du 28 octobre dernier ordonnant à titre conservatoire la fermeture et l’évacuation des occupants d’Agua Dulce 2. le juge avait notamment considéré qu’aucun des arguments tirés “de ce que l’arrêté porterait atteinte à un droit de propriété dont seraient titulaires les requétants n’était de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué.”

Edouard Chichet, l’avocat qui défend les intérêts des propriétaires du camp était hier matin révolté : “Les résidents souhaitaient évacuer bon gré mal gré, accompagnés par les forces de l’ordre et devant les yeux de l’opinion publique pour symboliquement exprimer tout leur désarroi. Voilà que les forces de l’ordre envahissent le camp au lever du soleil, tirant les résidents de leurs lits pour les emmener encore en pantoufles à la gendarmerie. Agua Dulce II n’est plus un problème juridique, c’est un drame humain. Lorsqu’une situation est exceptionnelle, il convient de se comporter de manière exceptionnelle. Plus d’humanité, plus de dignité et un peu plus de compassion pour des victimes et non des coupables. Le dernière question reste en suspens : les résidents d’Agua Dulce seront-ils indemnisés ? Faudra-t-il encore s’en remettre aux tribunaux ? Qui seront les prochains ?” Et l’avocat de conclure face aux journalistes : “Avec le cas d’Agua Dulce 2, l’Etat fabrique de l’exclusion…”

Thomas Hirsch

Contrôles “mais pas expulsions” selon la gendarmerie

Selon le lieutenant-colonel Hubert, du groupement de gendarmerie des P.-O., l’opération qui s’est déroulée hier matin a permis d’établir ” que dix personnes dormaient encore sur le site d’Agua Dulce 2 en dépit de l’arrêté d’expulsion en vigueur. Ces personnes ont été accueillies à la brigade de gendarmerie de Canet où un procès verbal a été établi à chacune d’entre elles pour non-respect de l’arrêté d’expulsion. ”
Le patron des gendarmes du département a réaffirmé qu’il s’agissait vendredi d’une opération de contrôle et non d’expulsion, entrant dans le cadre d’une procédure habituelle. ” Des expulsions, il n’y en a pas eu à ce jour, mais elles interviendront vraisemblablement dans le courant de la semaine prochaine si certaine personnes s’obstinent, comme cela a été le cas d’une minorité jusqu’à présent, à vouloir continuer à résider sur place ” a prévenu le lieutenant-colonel Hubert.

Cabinet d’Avocats
HENRY, GALIAY, CHICHET

Monsieur le Président
De la République
Palais de l’Elysée
Télécopie : 01-47-42-24-65
A l’attention de Monsieur le Président
de la République

Réf : Monsieur TOMCZAK- Agus Dulce II

Perpignan, le 8 décembre 2004

Monsieur le Président,

Je me permet de venir vers vous ce jour pour attirer votre attention sur la situation d’une cinquantaine de nos concitoyens, résistants sur leurs propriétés respectives sises à Saint-Nazaire dans les Pyrénées-Orientales.

Vous trouverez ci-après un exposé de cette affaire et si j’en appelle aujourd’hui à votre haute bienveillance ce n’est que pour vous informer de la réalité actuelle d’une situation : aujourd’hui, parce qu’ils résident dans une zone déclarés en 2003 comme exposée à fort risque d’inondations, une cinquantaine de citoyens français font l’objet d’une mesure préfectorale ordonnant l’évacuation définitive de leurs domiciles, dont ils sont propriétaires depuis parfois près de vingt ans, sans aucune indemnisation, à charge pour eux de se reloger définitivement ailleurs et à leurs frais.

En 1982 était créé le camping Agua Dulce II. En 1986, la législation le permettant alors, ce camping est devenu un camp de loisirs, savoir un camping composé de mobil homes avec la spécificité que les occupants des parcelles en sont également propriétaires. En 1983, cette catégorie juridique de camp de loisirs disparaît. Les services de l’Etat recommandent que les propriétaires adhérent à l’une des catégories que la nouvelle législation prévoit. Mais puisque aucune obligation d’entrer dans une nouvelle catégorie n’est imposée par la loi, les propriétaires entendent rester hors du champ des campings pour préférer une vie collective en toute liberté.

En 1999, les services préfectoraux déclassaient donc Agus Dulce II devait dès lors être considéré, à image d’un lotissement, comme un ensemble immobilier composé de parcelles privatives et de parties communes appartenant à une association syndicale de propriétaires. En tout état de cause, à ce jour, les occupants d’Agus Dulce II sont régulièrement propriétaires de leurs parcelles et de leurs mobil homes.

Pourtant, par arrêté n° 4117/2004 en date du 28 octobre 2004, Agus Dulce II, il se trouvant dans une zone exposée à un risque fort d’inondations, le Préfet des Pyrénées-Orientales devait ordonner la fermeture et l’évacuation des occupants d’Agus Dulce II sur le territoire de la commune de Saint-Nazaire le 25 novembre 2005 au plus tard.

Par courrier du 28 octobre 2004 adressé aux résidents d’Agus Dulce II, le Préfet annonce que l’Etat prendra en charge à titre temporaire l’hébergement des occupants qui résident à l’année sur le camp Agus Dulce II et que les occupants doivent s’occuper de trouver un relogement définitif.

Ainsi, les familles résident a Gaus Dulce II, sans autre forme d’avertissement qu’un courrier préalable les avertissant de l’intention du Préfet et appelant que de 25 jours pour organiser leur départ définitifs de leurs propriétés.

Ces familles sont relogées à titre temporaire dans des chambre d’hôtel, des chambres ou des studio de centres municipaux d’action sociale et parfois même de chambres dans des maisons de retraites.

L’exiguïté de relogement interdit d’emporter leurs meubles et leurs effets personnels laissés a l’abandon sur place avec un risque majeur de pillage. La question des animaux de compagnie reste bien sûr entière.

Ces familles sont toutes de conditions modestes et ne peuvent raisonnablement envisager une accession à la propriété et pour la plupart des résidents à la simple location puisque toujours endettées pour l’achat de leurs terrains et du mobil home à Agus Dulce II. Plus encore, leurs terrains, du fait de l’action administrative. Se trouvent aujourd’hui sans aucune valeur.

En conséquence, pour les protéger d’un risque éventuel d’inondations, ces familles sont exposées au risque au risque réel et certain de l’exclusion sociale et ce, au nom du principe de précaution.

Mais plus encore, les service préfectoraux ne se sont prononcés ni officiellement ni même par voie de presse sur leurs intentions quant au devenir de la situation.

A ce jour, la seule chose certaine reste que l’arrêté préfectoral et la lettre l’accompagne attestent du caractère définitifs de inhabilité de la zone.

Enfin, comme si la situation ne suffisait pas, le Préfet a demandé et obtenu, une ordonnance d’expulsion en référé sans délai et sous astreinte non négligeable de 300 € par jour avec autorisation d’employer la force publique si nécessaire pour expulser les occupants du camp.

C’est ainsi que depuis près d’une semaine les agents de la force publique ont pris possession des lieux en exorbitant les résidents à quitter leurs domiciles bon gré mal gré faute de quoi l’exécution d’office sera appliquée.

Vous comprenez je n’en doute pas que quelques résidants refusant catégoriquement d’abandonner là seul bien, livrant à la délinquance le soin de piller leur unique patrimoine. Ils refusent de voir vingt années de vie rayées par un simple acte administratif sur trois pages.

Par la voie de presse, le Préfet a donc annoncé que la gendarmerie et la croix rouge seront dépêchées sur place le 9 décembre en vue de l’exécution d’office par les forces de l’ordre.

C’est donc bien à la fois un problème juridique et le drame humain qui en procède que je soumets aujourd’hui à votre attention.

Cette situation est d’autant plus inacceptable que le législateur a entendu donner aux pouvoirs publics de nombreux outils permettant de gérer la question du risque naturel lorsqu’il frappe des zones habités.

Mais ces outils ont un coût et dans la présente affaire, l’administration entend ne prendre en charge aucun frais.

Je refuse de croire que nos gouvernants ne puissent intervenir pour rétablir des citoyens dans leur droit, et rétablir la confiance légitime de ces citoyens dans leurs institutions afin que la collectivité traite leur situation certes dans la légalité mais également avec dignité et humanité.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez aux présentes.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les plus respectueux et les plus déférents.

Pour la société d’avocats
Edovard CHICHET
Avocat associé

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L’Indépendant – mercredi 10 novembre 2004

L’évolution du mobile home dans le viseur des services de l’Etat

A vocation touristique, le mobile home s’est transformé en une véritable résidence principal pour les familles en général à revenus modeste. Ce phénomène a pris une telle ampleur que l’Etat a décidé d’y mettre un terme. D’autant que la loi interdit de se domicilier dans un camping.

Le développement du mobile home dans le nombreux campings du département, et plus particulièrement sur le littoral, n’est pas allé sans poser des problèmes quant au statut de cette nouvelle formule d’hébergement de plein air.

Il est apparu au fil des ans que des familles vivaient à l’année dans des mobile homes. Ainsi ce mode d’habitation s’est transformé en une véritable résidence principale. Ce “dérapage” s’est amplifié jusqu’à inquiéter les services de l’Etat qui ont décidé de mettre un terme à cette tendance.

D’ailleurs, en mai dernier, les gestionnaires des camping des P.-O. ont reçu une réglementation de la préfecture rappelant en substance “qu’il ne peut y avoir de domiciliation dans un camping”.

Croissance démographique flambée des prix Il ne faut pas s’étonner de ce ” dérapage ” quand on sait que le département, et plus particulièrement le littoral, connaît une impressionnante augmentation démographique.

Les maires sont confrontés à des demandes d’installation qu’ils ne peuvent satisfaire.

D’autant que la demande étant plus forte que l’offre, cela s’est traduit par une flambée spectaculaire des prix dans le secteur de l’immobilier.

Conséquence logique, de nombreuses familles aux revenus modestes ou même au chômage, n’ayant pas les moyens de louer un appartement et encore moins d’accéder à la propriété, se replièrent sur la formule beaucoup moins onéreuse du mobile home. “Ce phénomène a explosé il y a cinq ou six ans environ”, explique le gestionnaire d’un camping d’Argelès : “La location d’un mobile home est naturellement moins chère que celle d’un appartement. De plus les familles ne paient pas les taxes d’habitation”. Au fil des ans, pas mal de campings accueillirent donc des locataires à l’année, ce qui représentait naturellement une source de revenus complémentaire à la saison touristique : “Il y a quelques années, des responsables de campings avaient également décidé de vendre des mobiles homes neufs et de louer la parcelle. Cela permettait aux propriétaires d’y vivre à l’année ou alors de les louer”.

Revers de la médaille, des campings se retrouvèrent sur le fil su rasoir en détournant le mobile home de sa vocation première, à savoir des séjours de nature touristique et saisonnière : “On peut louer un mobile home du premier avril à la fin novembre mais pas au-delà”.

“On peut être contrôlé et verbalisé” La métamorphose progressive du mobile home en résidence principale a fini par interpeller les mairies concernées et suscita l’intervention des services de l’Etat qui décidèrent de faire preuve de fermeté.

Un responsable de camping explique : “À la suite de cette directive préfectorale, les gestionnaire de campings peuvent être contrôlés par la gendarmerie et verbalisés si une infraction est constatée. Moi, quand je suis arrivé ici, je me suis trouvé dans l’obligation de demander à douze propriétaires de quitter le camping où ils résidaient durant toute l’année. Ils sont partis avec leur mobile home.

Actuellement, je suis propriétaire du matériel et je ne fais que du locatif. Sur le camping, il ne peut y avoir en permanence que le propriétaire ou des salariés, le gardien par exemple.

Il faut savoir aussi qu’une famille vivant à l’année dans un mobile home ne peut pas inscrire les enfants à l’école.

Ils ne peuvent pas non plus s’inscrire sur les listes électorales puisqu’ils ne s’acquittent pas des impôts locaux.

Et, pour la poste, un mobile home n’est pas considéré comme une adresse”.

Toujours des demandes. Apparemment, la mise en garde des services de l’état a eu des effets. Tous les propriétaires, contactés par téléphone, nous ont affirmé qu’aucune famille ne vivait à l’année dans leur camping. L’un d’eux précisait à ce propos : “Cependant, nous avons régulièrement des gens qui passent pour nous demander si nous n’avons pas un mobile home à louer”.
Ce dernier constat met en évidence un cruel problème auquel sont sérieusement confrontés les pouvoirs publics. En effet, des familles défavorisées sont toujours aussi nombreuses à s’installer sur le département et se retrouvent face à d’énormes difficultés pour se loger.
Pas étonnant si certaines d’entre elles ont choisi de vivre dans un mobile home. Si cela n’est plus possible, il n’y aurait pas d’autre alternative que d’augmenter le parc du logement social.

Christian Roget