Dans les Pyrénées-Orientales I(màj 14/11/05)

Nouvelles du/des Front(s)
16 juillet 2005

Des personnes, notamment des retraités à petit revenu achètent des parcelles issues du morcellement d’un terrain de camping.

Ils investissent leurs économies pour acheter et installer des mobile-homes à fin d’y couler une retraite paisible. Ils en sont délogés manu militari par les CRS suite à une décision du Tribunal Administratif après que la commune ait fait faire un plan de prévention des risques qui déclare leur terrain inondable.

Contre-expertises et pourvoi en cassation n’y font rien puisque, lecteurs non assidus du panneau d’affichage de la mairie et des annonces légales des journaux, ils ont laissé passer les deux mois fatidiques avant de réagir.

En fait il semble que tout ce que décide une administration et non contesté dans les deux mois soit gravé dans le marbre !

Reste la cour Européenne des Droits de l’Homme

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L’Indépendant – mardi 7 juin 2005

Prades

L’éleveur de brebis de La Barbaine à Villerach en situation précaire

Depuis avril 2003, Christophe Charmoy conduit un élevage de brebis Rouge du Roussillon sur sa propriété de dix hectares. Il met tout en œuvre pour pouvoir y édifier son habitation. Mais le permis a été refusé pour la seconde fois.

Pour cet éleveur, un des derniers à produire de la Rouge de Roussillon, une race de brebis en voie de disparition, son installation à La Barbarine est l’aboutissement de ses rêves et de son savoir faire de berger depuis près de trente ans. Tout avait donc bien commencé, il y a un peu plus de deux ans lors de l’achat de ces terres. Enfin, avec sa compagne et leurs trois enfants, ils avaient trouvé l’endroit idéal pour leur cheptel, au pied du Canigou, attenant à une centaine d’hectares prêtée ou louée, leur permettant de conduire leur exploitation en élevage biologique et en faisant revivre ces paysages de montagne.

Vivre auprès des bêtes

Engagés dabs un contrat d’agriculture durable, ils ont obtenu, après quelques déboires administratifs, un permis de construire pour la bergerie, mais se sont vus essuyer un refus concernant l’autorisation de bâtir leur maison contre ce bâtiment pour l’instant provisoire et devant être édifier en dur d’ici quelques semaines.

“Pourtant, explique Gaëlle Baudouin la compagne du berger, nous avons perdu des bêtes suite à l’attaque de chiens errants à l’intérieurs même de la bergerie. C’est donc une nécessité pour nous de résider à leurs côtés. De ce fait, nous avons bien du mal à comprendre le rejet de notre demande de permis de construire par la Direction départementale de l’équipement (DDE), d’autant que nous avons l’appui de divers services technique agricoles. Nous avons toutefois obtenu depuis peu le branchement électrique et nous nous raccorder au réseau d’eau et d’assainissement situé à tout juste dix mètres de notre clôture. Nous venons de sécuriser le bâtiment d’élevage en rénovant une piste d’accès existante, comme cela nous l’a été demandé. Aussi, nous ne comprenons toujours pas pourquoi nous en sommes déjà à deux refus pour la construction de notre habitation”.

Poursuivi au tribunal.

Les jours à venir pour le couple et leurs enfants s’avèrent de plus en plus difficiles. Christophe Charmoy explique : ” Nous sommes poursuivis au tribunal correctionnel pour la démolition de l’habitat léger de loisir, érigé sur notre propriété et où nous logeons actuellement. Une décision de justice sera prise le 21 juin, risquant de nous laisser sans habitation si notre permis de construire n’est pas accordé d’ici là “. L’éleveur ne baisse pas les bras, soutenu par une pétition de plus de six cents signataires, par l’association de défense contre les abus de l’administration, mais aussi par les services techniques agricoles reconnaissant le bien-fondé de la démarche, d’autant plus souligne-t-il parce qu’il a été ” reconnu en préfecture par un contrat d’agriculture durable m’engageant pour les cinq ans à venir dans une démarche de gestion des ressources naturelles “.

Christophe Charmoy et Gaëlle Baudouin ont déjà réalisé certaines conditions pour l’attribution d’un permis de construire de leur habitation et devraient d’ici peu poser les premières pierres de la bergerie, remplaçant ainsi leur abri provisoire.

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L’Indépendant – mercredi 25 mai 2005

Autour de Perpignan

Pourquoi ils ont choisi de vivre dans la commune

Qu’il s’appellent Georges, Sandrine, Guy, Cathy, Roger ou encore Liliane…ils ont tous un point en commun: celui d’avoir choisi la commune pour y vivre. Benvinguts aux nouveaux arrivants.

(Il s’agit en fait de couples non expulsés de Agua-Dulce logés autrement)

La municipalité a accueilli les nouveaux arrivants : Maurice et Joséphine, Guy et Cathy, Roger et Liliane, Jean et Josiane, Georges et Sandrine.].

Comme la région Languedoc-Roussillon, le département des Pyrénées-Orientales connaît une explosion démographique des plus conséquentes.

Le boom se répercute sur les communes et sur leur quotidien. Développement, mise en place de nouvelles structures, confrontation de nouveaux besoins, recours à de nouveaux moyens…

Le sud, comme soudain livré à nouveau aux aléas de l’histoire, redevient une terre d’accueil ~qui s’ouvre aux nouveaux arrivants.

Comme bon nombre de Normands, de Parisiens, d’Anglais ou d’Allemands, ils ont choisi une Cité pour les accueillir, une cité où ils couleront des jours heureux et c’est dans un esprit de proximité locale qu’ils y ont fait halte et qu’ils y ont posé leurs bagages.

Ils sont aujourd’hui les nouveaux Villeneuvois et c’est pour les saluer que la municipalité organisait récemment et pour la troisième année consécutive une journée de bienvenue.

Ils ont tout appris de la commune qui les reçoit et disposent désormais de tous les passeports qui vont leur permettre d’y vivre comme ils le souhaitent.

Les visages des nouveaux

Georges et Sandrine Teruel viennent du centre de Perpignan. Ils habitent rue Louis Torcatis et travaillent ensemble dans le secteur de la comptabilité. Ils ont été séduits par la proximité de la ville et l’esprit sympathique qui se dégage de Villeneuve.

Guy et Cathy Brillu sont bretons d’origine. Ils sont retraités et sont domiciliés allée des Vahnanes. Leur fille travaillant à Perpignan, ils ont choisi Villeneuve-de-la-Raho pour s’y installer et ce pour des raisons évidentes de proximité.

Maurice et Joséphine Duval sont natifs d’Aurillac (Cantal). Ils résident avenue de la Méditerranée. Joséphine est comptable. Ils ont choisi Villeneuve parce que des amis y vivaient, mais connaissent déjà le département pour y être venus en vacances.

Roger et Liliane Brun sont originaires de la banlieue toulousaine et habitent rue des Cormorans. Ils sont retraités et leurs enfants travaillent dans l’est de la France. Ils souhaitent s’intégrer rapidement à la vie de la cité.
Jean et Josiane Sola sont catalans d’origine. Ils ont quitté la région, il y a plus de cinquante ans pour faire carrière dans l’administration.

Ils sont domiciliés rue des Aubépines et c’est en quelque sorte un retour aux sources pour tous deux.

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L’Indépendant – mercredi 16 mai 2005

Pour le gens du voyage

Les gens du voyage ont désormais leur aire d’accueil, inaugurée samedi, à proximité de la zone industrielle. Pour 1,50 euro par jour, ils bénéficient de toutes les commodités. Un système moderne et inédit dans le département.

Samedi, 14 h tapante. Les premières caravanes font leur entrée dans la nouvelle aire d’accueil pour les gens de voyage. Inaugurée le matin même par Thierry Lataste, préfet des P.-O., Nicolas Garcia, maire d’Elne, et par les adjoint et conseillers municipaux, cette aire flambant neuve se veut complètement innovant au regard de ses aménagements de sont fonctionnement. Conformément au schéma départemental des gens du voyage, 17 emplacements de 150 m_ carré chacun pourront accueillir 34 caravanes. Chaque famille ayant à sa disposition douche, sanitaires, espace pour cuisinier et aire de jeux. A charge pour elles de s’acquitter d’un droit d’usage : 1euros ( caution qui leur sera rendu à condition qu’aucun dégât n’ait été constaté). Grâce à un système de paiement monétique, l’eau et l’électricité seront également facturées.

Le coût 850 000 euros

Coût de l’investissement 850 000 euros lors taxe. ” Nous sommes assurés de 525 000 euros de subvention de l’Etat et de 340 000 de la CAF “, explique Nicolas Garcia, maire de la commune . ” Cet équipement répond à un réel besoin. Le passage est important dans la région et nous déplorons régulièrement des installations sauvages de la part des gens du voyage. Et je ferai remarquer à ce propos qu’un stationnement sauvage coûte souvent plus cher qu’un accueil aménagé ! “, ajoute-t-il.

“Ici, ça a l’air bien”

“C’est très bien. Très joli”, souligne Adrien Jackel, 80 ans, bientôt… “Je vis dans ma caravane à longueur d’année en compagnie de mes enfants. J’espère seulement que les gens respecteront ces nouvelles installations. Je vois régulièrement des aires de ce genre qui, au bout d’un an, sont totalement dévastées”, ajoute le doyen des gens du voyage. ” Mon mari, ma fille et moi, avant de venir ici, avons installé notre caravane dans le champ voisin “, explique Sophie. “Nous n’avions pas d’eau chaude. Ici, ça a l’air bien. Le seul truc qui m’ennuie, cette histoire de badge pour avoir accès à l’eau et l’électricité. Faut juste faire attention de pas le casser ou le prendre !”

Inquiétudes

Face à certaines inquiétudes, Nicolas Garcia se veut rassurant. ” Avant de nous lancer dans cette opération, nous avons pris la précaution d’informer les gens du voyage”, souligne-t-il. ” Ici, nous sommes près d’une zone industrielle. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour déjouer leurs inquiétudes afin que la sérénité de leurs vies professionnelles ne soit jamais dérangée abusivement”. Une expérience suivie de près.

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L’Indépendant – mercredi 11 fevrier 2005

Agua Dulce 2 : résidents à la rue avant le 31 mars ?

Les propriétaires restent désespérés et leur avocat est très remonté, même si la préfecture semble vouloir aider les habitants du camping. Une trentaine de personnes reste menacée d’exclusion.

Les anciens résidents du camping Agua Dulce 2 vont-ils se retrouver à la rue ? Pour l’heure, ces gens sont logés gratuitement, à Canet, Saint-Cyprien et Toreilles par l’Etat. Malheureusement pour les campeurs, la fin de la trêves hivernale va sonner. Ces derniers ont jusqu’au 31 mars pour trouver un autre refuge.
La préfecture des Pyrénées-Orientales a mandaté une association pour aider la trentaine de personnes à retrouver un nouveau logement.

Pour Me Chichet, cela ne servira à rien : “Comment voulez-vous qu’ils fassent. Ils doivent continuer à payer leur terrain, l’assurance, les frais de recouvrement de justice demandé par l’état et un autre nouveau loyer. C’est du grand n’importe quoi. Une véritable machine à fabriquer de l’exclusion est en route”, s’énerve l’avocat du syndicat des propriétaires. Il poursuit : “Je garde l’espoir d’obtenir une audience au tribunal administratif d’ici fin mars. Nous pourrons peut-être obtenir l’annulation d’arrêté de fermeture”.

En cas de retour : 300 euros de pénalité par jour. Selon Anne-Gaelle Baudoin, secrétaire général de la préfecture, le 31 mars n’est en aucun cas une date couperet : ” L’Etat n’a aucun intérêt à mettre ces gens à la rue. S’ils n’ont rien fin mars, nous continuerons la prise en charge. Sauf, bien-sûr, si des gens refusent plusieurs fois, sans prétexte valable, un logement proposé par l’association. “Si l’Etat semble prêt à aider les campeurs, ce discours les laissent, tout de même, dans un profond désarroi. ” On est submergé : la caution, le crédit les assurances. C’est de la folie. Alors un nouveau loyer, ce n’est pas possible. Il est donc possible que plusieurs personnes refusent les nouvelles offres de logement. Là, je viens d’envoyer 400 € pour rembourser les frais de justice de l’Etat. On est des vaches à lait. De toute façon, si on ne sait pas où aller on retournera chez nous à Agua Dulce”, explique d’une voix tremblante Hélène Tenant, présidente du syndicat des propriétaires.

Si les campeurs retournent à Saint-Nazaire, ils devront payer 300 euros de pénalité par jour. Pour Anne-Gaelle Baudoin, cette solution n’est pas envisageable : “Le camping est fermé. Pour l’instant nous préparons sa réouverture. Nous avons un cahier des charges très précis. Tant que les travaux demandés n’auront pas été effectués, personne ne pourra revenir habiter sur ces terres. Ce camp redeviendra un véritable camping et non un logement à l’année. Classé en zone inondable, très difficile d’accès pour les secours, propice à la cabanisation, ce site est bien trop dangereux”. vendredi dernier, la préfecture présentait son plan de développement pour le département. L’Etat prévoit la mise en place d’un groupe de travail pour lutter contre les phénomènes de cabanisation et de résidentialisation dans les campings des Pyrénées-Orientales. Aujourd’hui, une chose semble acquise : Les anciens résidents d’Agua Dulce 2 ne pourront jamais se réinstaller dans leur ancienne “maison” à l’année. Reste maintenant à savoir si la rue ne deviendra pas leur prochaine demeure.

Nicolas Boussu

Evacuation d’urgence

Nous avons appris hier que les deux gardiens d’Agua Dulce 2 ont été évacués par la gendarmerie dans la nuit de lundi à mardi en raison des risques d’inondation liés aux intempéries.

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