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Pour enfin faire toute la lumière sur l’incendie criminel où Joseph SACCO trouva la mort le 21 mars 2008

jeudi 20 juillet 2017

Dans cet article, nous résumons nos neuf ans de lutte judiciaire dans l’instruction de nos plaintes au pénal, suite à cet incendie, qui s’est conclue par un "Non lieu" confirmé en appel le 17 mars dernier. Nous nous sommes pourvus en cassation pour demander le dépaysement du dossier et lançons un appel à dons pour cette coûteuse procédure. Voir en fin d’article comment nous aider.

Fact and fact : les faits et rien que les faits.

Le 20 mars 2008, Joseph SACCO (dit Joe) président-fondateur de HALEM (voir le préambule des statuts de "Avec Toit Joe Sacco") était venu défendre une adhérente en procès devant la Cour d’appel de RENNES d’où il rédigeait le dernier courriel de sa vie sur son ordinateur :

« Je suis en Bretagne où nous avions un procès, symbolique, mais significatif quand même, au tribunal d’appel de Rennes. Bail agricole cassé sur base de mensonges et d’interprétations abusifs ; mis en délibéré pour le 15 mai. »

Le soir même, Joe était invité à une fête au collectif artistique autogéré l’Élaboratoire (dit Élabo) et à y dormir au "sleeping", une mezzanine au dessus de la cuisine de la "villa Mon Bproummpfv" [1] à laquelle on accédait depuis le couloir central par une simple échelle. Deux élaborantins dormaient avec lui au sleeping cette nuit là.

Vers 7 heures du matin le 21 mars 2008, l’un d’eux est réveillé par un bruit inhabituel [2], puis sent une odeur de fumée "pas comme d’habitude" [3].

Il se lève brusquement, contourne la cloison de l’autre côté de laquelle était provenu ce bruit, et découvre « le feu déjà vif avec des flammes bleues et jaunes », mais « posé sur le parquet en une flaque longeant la cloison » (sic) pas plus grande que 25 × 7 cm. Cette description montre qu’à cet instant c’était moins le bois de la cloison qui brûlait qu’un liquide inflammable qui venait d’être répandu dessus [4].

En avançant vers le feu son regard est attiré par un mouvement et il aperçoit une silhouette sortant du bâtiment. Il tente d’étouffer le feu avec une couverture mais les flammes repartent sur la cloison. Réveillés par ses cris, le deux autres occupants arrivent avec un matelas pour l’étouffer le feu qui est maintenant d’environ 1m2, mais au lieu de cela [5], c’est le matelas qui s’enflamme, les obligeant à le jeter en bas pour se dégager.

À partir de là, le feu gagne très vite, ils saisissent leurs affaires, évacuent précipitamment et partent alerter pompiers et le reste de la communauté. Sauf Joe qui s’attarde, ne trouvant pas son précieux ordinateur [6] qui pourtant était près de son lit lorsqu’il s’est couché.

D’en bas les deux autres voient le sleeping s’embraser tout à coup et entendent Joe crier plusieurs fois. Celui-ci réussit toutefois à se défenestrer par une lucarne pour apparaître nu, ses lunettes sur le nez, son téléphone portable à la main, mais sans son ordinateur pourtant beaucoup plus visible qu’une paire de lunettes ou un téléphone. Il est gravement brûlé, des lambeaux de peau se détachant de ses bras et de ses cuisses, le bout des doigts coupés et une jambe en sang. Et pourtant il demande posément à l’un d’eux de regarder dans les flammes s’il ne verrait pas sa sacoche rouge dans laquelle se trouvait son ordinateur. Celui-ci, regardant vers ce qui devenait maintenant un brasier, lui répondit :
— c’est n’importe quoi d’avoir essayé de récupérer ton ordinateur,
— Je ne l’ai pas fait pour rien, tu ne comprends pas lui répondit Joe.

Les pompiers, dont on aperçoit la caserne de l’autre côté de la Vilaine, arrivent à 7h35 avec une dizaine de véhicules et évacuent Joe Sacco vers le CHU Pontchaillou. Le toit commence déjà à s’effondrer. Mais ils n’ont pas d’eau et il n’y a pas de bouche d’incendie à proximité. Il leur faudra attendre encore plus de dix précieuses minutes la venue d’une motopompe de Vern sur Seiche pour qu’ils puissent enfin pomper l’eau dans la Vilaine pour attaquer le feu.

  • 8h50, l’incendie est déclaré maîtrisé par la patrouille de police arrivée juste après les pompiers.
  • 9h00, arrivée du vice-procureur près le parquet de RENNES et des OPJ de la Sûreté Départementale qui noteront dans leur PV « Aucun prélèvement en l’état de l’enquête ne semble utile. Le bâtiment d’où est parti l’incendie a été trop détruit pour que l’on puisse y localiser les pièces d’où aurait pris le feu. » (sic, souligné par nous). Ils se contenteront de demander à un agent de l’Identité Judiciaire [7] de prendre quelques clichés des lieux [8].
  • 9h50, la police quitte les lieux accompagnée de 3 témoins, dont deux occupants du sleeping pour les entendre.
  • 10h00, le CHU de RENNES informe la police que Joe Sacco « brûlé au 2ème degré sur 45% de la surface du corps, va être transféré au service des grands brûlés de NANTES. Son état est sérieux, mais le pronostic vital n’est pour l’instant pas engagé... »
  • 10h05, les trois témoins sont entendus chacun séparément dans les locaux de la police. Les deux rescapés, et seuls témoins du départ de feu, attesteront plus tard, le premier :

    « Lors de ma déposition juste après l’incendie, j’ai fait état de tout ce que je dis ci-dessus, le policier qui a pris ma déposition a fortement insisté sur l’aspect électrique et ne prenait pas en compte ce que je pouvais lui dire quant à la silhouette et le fait que le feu n’était pas dû à une cause électrique étant donné que la prise et le boîtier multiprises étaient intacts. »

    la seconde :

    « Au commissariat, les hypothèses d’accident électrique, de bougie ou cigarette restée allumée, de rats qui grignotent les câbles, de feu qui couve pendant des heures, du dysfonctionnement du poêle à bois... m’ont été longuement décrites et considérées comme acquises sans élément fondé pour pouvoir l’affirmer à mon avis. Et je restais perplexe sur les causes réelles du feu. »

  • 14h15, la police rend compte au vice-procureur de l’état de l’enquête. Celui-ci leur « indique qu’au vu des témoignages, étant donné la nature accidentelle du sinistre, il n’envisage pas des poursuites pénales... »

Ainsi, les ruines encore fumantes, le parquet de RENNES avait déjà décidé de l’origine accidentelle du sinistre et donc d’un classement sans suite. Pire, la thèse de l’accident n’avait-elle pas été décidée avant même la mise à feu ? On peut en effet se le demander si l’on considère que les engins de démolition étaient commis sur place [9] pour abattre, le feu à peine éteint, les structures qui restaient encore debout ; faisant disparaître ainsi des éléments de la scène d’infraction [10] et interdisant toute opération de police scientifique comme le constatera l’expert d’icelle enfin commis... sept ans plus tard !

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Si l’ordinateur de Joe Sacco était encore près de son matelas au moment où il l’a cherché en vain...
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... il se trouverait alors broyé sous les roues de cet engin qui se trouve juste en dessous du sleeping détruit. Mais les gravas furent enlevés sans avoir été fouillés.
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Les pompiers sont restés surveiller jusqu’à démolition complète.

Pour autant, le vice-procureur précisait aux policiers « Dès que son état le permettra il devra être procédé également à l’audition de M. SACCO Joseph. ». Patatras ! à 17h30 le même jour, ceux-ci apprennent son décès au CHU de Nantes suite à un arrêt cardiaque à 17h15. Il ne pourra plus parler de son ordinateur disparu aux enquêteurs qui actent alors :

« Vu les circonstances particulières entourant ce décès il a été mis un obstacle médico-légal ».

Toutefois aucune autopsie ne sera demandée, un simple examen du corps sans aucun prélèvement, sera réalisé le 26 mars suivant [11].

  • 16h00, le périmètre suspect a déjà été complètement rasé alors que les enquêteurs contactent par téléphone le responsable du parc immobilier de la ville de Rennes qui leur indique qu’il est lui même allé sur place en apprenant le sinistre, et leur déclare que le bâtiment incendié « n’aurait pas dû être occupé » (sic). Ah bon ? cher lecteur voyez plus loin.

Cette affirmation est contredite par l’acte de vente, signé le 31 janvier 2008 par M. Edmond Hervé Maire de Rennes en tant qu’acquéreur du lieu, on peut lire :

« ... l’immeuble étant désaffecté et libre de toute location, il fait cependant l’objet d’une occupation sans titre, ainsi que le VENDEUR le déclare.
Le VENDEUR déclare sous sa responsabilité que la libération des lieux ne résulte pas d’un congé donné à un locataire. »

Le chef du service immobilier de la ville se présente séance tenante devant les enquêteurs et leur déclare en substance :

« il était fait mention par le vendeur que les bâtiments ex entreprise FRAIKIN étaient occupés illégalement. Quant à l’aménagement je ne le savais pas. L’objectif de la ville était de détruire les dits bâtiments [12], afin de procéder à l’aménagement d’une ZAC. l’échéance était à 10 ou 15 ans. La mairie a pris un arrêté d’expulsion dès vendredi pour des raisons de sécurité (amiante). »

Ce propos contredit les termes mêmes de l’acte de vente qui ne parle à aucun endroit d’occupation illégale, mais qui au contraire prouve sa légalité en actant la vente de l’immeuble avec des occupants, laissant à l’acquéreur la charge de les congédier.

Ce que ce dernier, qui déclare avoir pris « un arrêté d’expulsion dès vendredi », n’avait pas fait avant l’incendie. Car de quel vendredi s’agit-il ? Cet arrêté est daté du vendredi 21 mars 2008, jour même de l’incendie ! Même s’il avait d’évidence été prêt avant, on a attendu la mise à feu pour convoquer les engins de démolition et publier l’arrêté sitôt celle-ci accomplie. Et le responsable déclare, le 21 mars à 14 heures, avoir pris cet arrêté avant même que celui-ci ne fût publié ! n’y a-t-il pas là un renversement dans le temps entre la fin et les moyens ?

Est-ce un moyen légal que d’expulser des occupants légaux par le feu et la démolition ? Alors qu’en fait « d’arrêté d’expulsion », la ville de Rennes adressait le 28 septembre 2007 au président du Collectif Artistique Élaboratoire une lettre en ces termes :

« Votre association organise un campement et des ateliers [13] sur le site dit "Fraikin" situé sur la Plaine de Baud.

Les services de la ville ont initié sur votre site un travail de diagnostic touchant aux conditions d’hygiène, de sécurité et relatives à l’environnement, travail auquel vous avez pleinement collaboré.

Ces visites, si elles ont fait apparaître une absence de risque grave, ont conduit à formuler un certain nombre de préconisations afin de résoudre à court terme différents risques potentiels... »

La semaine précédant le drame, des agents des services municipaux étaient encore sur le site dans le cadre de ces préconisations. Il n’était donc nullement question d’expulsion avant le vendredi 21 avril 2008 à 7 heures. De plus, cela prouve que le responsable immobilier de la ville ne pouvait pas ignorer l’existence d’aménagements contrairement à ce qu’il affirme.

Ce n’est qu’en téléphonant à l’hôpital après le week-end pascal, pour prendre des nouvelles, que nous apprîmes le transfert à Nantes suivi du décès de Joe Sacco le jour même de l’incendie.

Le collectif Élaboratoire, aux prises avec la Mairie de Rennes pour son relogement, se laissera convaincre par celle-ci qu’il « n’a pas le droit » (sic) de porter plainte, n’étant pas propriétaire des locaux incendiés ! Il n’obtiendra même pas l’aide psychologique demandée pour les rescapés du feu.

Extrait de « 21 mars 2008, Un Collectif Blessé » tournée par l’un d’eux, Suivan Kong à qui l’on apporta une échelle pour se sauver des flammes avec son matériel :

Voir la vidéo en entier (16:55) sur sa chaîne Vimeo.
Les autres vidéos de Suivan.

Neuf années de galère judiciaire commencent alors...

  • Le 11 avril 2008, deux lettres sont envoyées au Procureur de la République de Rennes. L’une de la secrétaire de Halém qui indiquait vouloir porter plainte avec constitution de partie civile au nom de l’association. L’autre lettre de la compagne du défunt, aussi membre de l’association, indiquait porter plainte contre X en son nom propre. Ces lettres resteront mortes jusqu’au :
  • 21 août quand cette dernière écrira cette fois deux lettres. La première au parquet pour renouveler sa plainte. La seconde se constituant partie civile auprès du doyen des juges d’instruction, rappelait la rapide propagation du feu et la fuite d’un suspect (voir supra) aperçu par des témoins [14].
  • 14 octobre 2008, Madame Anne DESPORT, Vice-Procureur informe la plaignante qu’elle classe sa plainte sans suite au motif que...

    « l’hypothèse d’un incendie d’origine volontaire n’a pas été confortée par l’enquête effectuée par les services de police. Aucun élément en ce sens n’a été recueilli lors des investigations effectuées. Il semble que le sinistre ait pu avoir une origine électrique, l’un des occupants des lieux ayant indiqué que le feu avait pris au niveau d’une cloison dans laquelle était branchée une multiprise. Par ailleurs, il est également possible qu’il ait comme cause une bougie restée allumée au cours de la nuit. ».

Classement sans suite fondé, donc, sur la base d’un pur sophisme : l’incendie est accidentel parce qu’il existe des possibilités, même improbables, qu’il le soit. Et s’il est accidentel, il ne peut être volontaire, même s’il existe des indices en ce sens.

L’occupant dont parle la Vice-Procureur n’est autre que le témoin n° 1 qui a découvert, et tenté d’éteindre, le départ de feu en même temps qu’avoir aperçu « une silhouette » quittant précipitamment le bâtiment [15]. Le même qui a décrit très précisément ce départ de feu (voir supra) et dénie son origine électrique [16]. Quant à une bougie restée allumée, les enquêteurs sont les seuls à l’avoir évoquée (voir supra).

À partir de ce moment, nous avons donc acté que le parquet de Rennes fondait ses décisions sur ce qu’il lui "semble" et que seuls les "éléments" confortant cette sensation seront "recueillis" , ceux la contredisant, même de première main, seront systématiquement écartés.

  • 13 novembre, la veuve (que nous appellerons V) adresse un recours au Procureur Général de Rennes, Monsieur Hervé PAVY, invoquant notamment les témoins qui contredisent les thèses infondées justifiant le classement sans suite, et que le fait que son compagnon soit décédé des suites de ses brûlures [17] « — ne doit pas empêcher la recherche de la véritable origine de l’incendie, et ce même si cette dernière entraîne certaines responsabilités !!! [18]
  • 15 janvier 2009, heureusement le doyen des juges d’instruction accueille favorablement la constitution de partie civile de V pour Incendie volontaire ayant entraîné la mort et sollicite du procureur ses réquisitions le... 11 septembre 2009 [19].
  • 15 septembre 2009 le Procureur requiert d’entendre V... afin qu’elle justifie sa qualité à se constituer partie civile [20].
  • 27 octobre, le doyen des J.I. délivre à cette fin une commission rogatoire qui sera rendue exécutée le 17/12/2009.
  • 8 janvier 2010, un juge d’instruction est enfin désigné.
  • 16 mars 2010, soit deux ans après les faits, celui-ci entend V. [21]
  • 26 mars 2010, Madame le juge d’instruction informe par téléphone nos avocats qu’elle suspend toutes ses investigations (âgées de dix jours !) le Procureur lui ayant fait connaître son intention de saisir la Chambre de l’Instruction pour absence de réquisitoire introductif dans ce dossier [22]. Elle précise à l’avocat de HALEM qu’elle ne statue pas en l’état sur la recevabilité de sa constitution de partie civile, bien que celle-ci lui apparaisse contestable.
  • 5 mai 2010, saisine par le procureur de la Chambre de l’instruction en annulation de l’ordonnance de désignation du juge d’instruction du 8 janvier 2010.
  • 7 juillet 2010, réquisitoire du Procureur en annulation des actes d’instruction postérieurs au 8 janvier.
  • 19 novembre 2010, arrêt de la Chambre de l’Instruction validant la procédure [23] qui peut donc reprendre là où elle en était, c’est à dire à zéro au bout de deux ans et demie.

À partir de là, va s’engager une interminable (et minable tout court) partie de ping-pong avec moult lobs et smashs, entre Juge, Procureur et Parties Civiles (pas si viles) auxquelles se joindra enfin l’Élaboratoire en octobre 2011. Plusieurs tentatives de clore l’instruction que nous réussirons à relancer, obtenant chaque fois de nouvelles investigations mais jamais celles sur les points cruciaux, exposés supra, que nous demandions et qui eussent été les seules susceptibles de mettre à mal le dogme « circulez, il n’y a rien à voir » asséné depuis le début.

Jusqu’à finalement aboutir, le 31 mars 2016, à une ordonnance aux fins de Non-Lieu « à suivre en l’état contre quiconque ». Les avocats rennais des trois parties civiles ayant "décroché" depuis longtemps, seule la partie civile Halém, à force de pugnacité, a réussi à déclarer appel jugé recevable de cette ordonnance. Mais toujours sourde à nos arguments et se gardant même de les discuter, la Chambre de l’Instruction de Rennes a confirmé en appel l’ordonnance de Non-Lieu le 17 mars 2017.

Nous avons besoin de vous pour faire enfin émerger la vérité !

L’Élaboratoire fêtait en mai dernier ses vingt an d’existence pendant vingt jours et en vingt lieux.

Une soirée dédiée au feu, place du Parlement de Bretagne, fut l’occasion de rappeler celui de "la Villa" et de lancer le présent appel aux dons.

Nous savions dès le début que nous avions peu de chances d’obtenir la vérité dans cette affaire tant que l’ "enquête" se déroulerait sur la place de Rennes, théâtre du drame, qu’il nous faudrait invoquer la suspicion légitime et obtenir le dépaysement du dossier dans une autre juridiction. Les neuf ans de procédure que nous venons de résumer renforcent, s’il était encore besoin, cette suspicion. Mais seule la Cour de Cassation est à même de prononcer un tel dépaysement et nous devions donc épuiser tous les recours juridictionnels locaux pour pouvoir y accéder. Nous y sommes maintenant !

Halém, seule partie civile appelante, mais en accord avec les deux autres [24], s’est donc pourvue en cassation pour laquelle il nous est réclamé 5040 € d’honoraires d’avocat.

Ayant vidé nos propres poches plus les quêtes lors des "vingt ans de l’Élabo" (voir vidéos ci-dessus/dessous) ne nous permettent de couvrir cette somme qu’aux trois quarts et il restera à payer la procédure dans une nouvelle juridiction, car si nous allons en cassation c’est pour gagner !

La mort de Joe Sacco c’est notre mort,
La mort de l’inventivité sociale et artistique,
La mort des espaces qui luttent contre l’uniformisation.

Depuis mars 2008, les incendies criminels se sont multipliés à Rennes. Des incendies qui favorisent l’avancée d’immeubles de plus en plus bétonnant...

Mais la résistance est forte et les langues se délient. Trop c’est trop !

Avec un don, même petit, aidez-nous à défendre le droit, la justice et la liberté.

Vous pouvez nous aider au choix :

  • En envoyant votre chèque à Association Avec Toit Joe Sacco, Espace associatif, 53 impasse de L’Odet 29000 QUIMPER (noter "Soutien procès" au dos du chèque) ;
  • Par virement SEPA à notre compte IBAN FR76 1290 6000 4157 4345 6217 390 BIC AGRIFRPP829 (noter "Soutien procès" en référence du virement) ;
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Soirée "Feu" 4 mai 2017 Place du parlement de Bretagne
(siège de l’actuelle Cour d’Appel)

Un membre de l’Élaboratoire et ancien pompier évoque l’incendie qui a ravagé l’édifice en 1994...

Sur l’incendie du Parlement de RENNES, voir également notre article "Feu mal éteint".


Voir en ligne : Soutenez aussi notre projet de film "Ubanisation et résistances"


[1Un hangar occupé par l’Élabo avec l’autorisation de l’entreprise propriétaire, mais que celle-ci venait juste, à peine deux mois auparavant, de céder à la ville de RENNES qui avait (et réalise aujourd’hui) un projet immobilier sur l’ensemble la Plaine de Baud.

[2Bruit qu’il ne savait identifier à l’époque. Mais récemment, alors que passager il somnolait à l’arrière d’un véhicule, il fut tiré brusquement de sa torpeur en reconnaissant ce même bruit. C’était le passager avant qui s’allumait une cigarette avec... un briquet Zippo au bruit si caractéristique.

[3Quand ils allumaient le poêle de la cuisine, ça sentait un peu la fumée dans le sleeping, mais là, ce n’était pas la même odeur.

[4« entre la prise électrique intacte et le boîtier multiprise intact également, le fil électrique traversait la flaque sans pourtant sembler être dégradé. » persiste-t-il.

[5ce qui eût été le cas en absence de liquide incendiaire qui, lui, s’étale sous et s’imprègne dans le matelas, ne faisant que propager le feu au lieu de l’éteindre.

[6qui contient tous les dossiers de son association, son bébé qu’il est alors quasi seul à porter.

[7que les habitants prendront pour la police scientifique (cf vidéo infra) qui n’est de fait jamais venue sur place.

[8que l’expert incendie, commissionné par l’Instruction... 7 ans plus tard !! écartera pour « la piètre qualité des clichés photographiques (quelques vues générales et intérieures des lieux et bâtiments sinistrés, aucun cliché rapproché), l’absence d’opérations de déblaiement ou de Police Technique réalisées sur place ».

[9par qui ? neuf ans plus tard nous n’avons toujours pas obtenu la réponse.

[10puni à l’article 434-4 du code pénal « ...modifier l’état des lieux d’un crime ou d’un délit soit par l’altération, la falsification ou l’effacement des traces ou indices, soit par l’apport, le déplacement ou la suppression d’objets quelconques... ».

[11En effet, le maltais Joe Sacco est mort le vendredi saint à 17 heures (!) l’examen n’aura donc lieu que le mardi suivant Pâques, 26 mars 2008. Le rapport fera état de 75% de la surface du corps brûlée, alors que celle-ci était estimée à 45% au CHU de Rennes.

[12Par quel moyen ?

[13souligné par nous.

[14Dans la vidéo ci-dessus, un membre de Halém souligne qu’alors l’enquête se limitait au corps à Nantes où est décédé Joe, mais que rien ne se passait à Rennes sur le lieu du dommage.

[15Au même moment (lever du jour) un autre témoin apercevait une ombre marchant vite sur la plaine.

[16Comment une rallonge encore intacte traversant un feu démarrant pourrait-elle être à l’origine de celui-ci, à moins d’avoir une notion surnaturelle de ce qu’est physiquement la combustion ?

[17thèse officielle mais non scientifiquement établie.

[18Elle terminait : « En effet, mon compagnon, Monsieur Joseph SACCO, n’était pas un mécréant : c’était un citoyen respectable, d’origine maltaise, issu d’une riche famille d’avocats et de juristes... Et ne serait-ce que pour cela, le gouvernement français pourrait bien avoir des comptes à rendre à l’état maltais ! »
Aussi contraire au droit (discriminatrice) que puisse sembler à priori cette diatribe, elle ne l’est pas si l’on considère que ce même procureur se contentera le 16 septembre 2013 de simplement rappeler à la loi le fils du premier ministre François FILLON (fuyons ?) suite à une plainte d’une motarde victime d’un rodéo en 4x4 par celui-ci. »
En guise de réponse, le Procureur Général portera sur la lettre la mention manuscrite « à classer en l’état sans nouvelle réponse ». Ce qui contrevient à l’article 40-3 du code de procédure pénale qui stipule : « Toute personne ayant dénoncé des faits au procureur de la République peut former un recours auprès du procureur général contre la décision de classement sans suite prise à la suite de cette dénonciation. Le procureur général peut, dans les conditions prévues à l’article 36, enjoindre au procureur de la République d’engager des poursuites. S’il estime le recours infondé, il en informe l’intéressé. » (souligné par nous).

[19"C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup..."

[20Voilà le fin mot qui révèle le véritable motif d’une telle obstruction à nos plaintes — car cette qualité sera également contestée à Halém, quant à l’Élabo... — le déni de la qualité même de parties civiles aux plaignantes, niant l’existence même de victimes et si pas de victime, pas de criminel, cqfd.

[21Ce sera la seule audition dans le cabinet du Juge d’instruction en sept ans de cette procédure commencée deux ans après les faits et plaintes.

[22Manœuvre purement dilatoire de la part du parquet, ce réquisitoire n’étant en l’espèce pas nécessaire, ce que confirmera la Chambre de l’Instruction saisie. Pour autant, la juge n’était nullement obligée de se plier au diktat du parquet, si ce n’est la terreur de la suppression des juges d’instruction voulue par le régime Sarkozy-Dati.

[23Mais le parquet n’a pas tout perdu, il aura réussi à bloquer le dossier dix mois supplémentaires.

[24Les trois parties civiles sont décidées à poursuivre dans une autre juridiction et à y faire front commun en mutualisant avocats et moyens, notamment financiers. Elles ont confié à notre association Avec Toit Joe Sacco la collecte de ces derniers.