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Précarité et Logement Hors Normes

jeudi 16 mai 2013

Contexte

L’appauvrissement des minima sociaux et la paupérisation d’une part croissante des classes dites moyennes conduisent des catégories de population, tous âges confondus et en l’absence de politiques d’État concertées et ambitieuses, à recourir à certains choix de logement :
- adaptés à leur situation économique
- adaptés à leur mobilité professionnelle ou à un ancrage territorial
- répondant au plus près à des choix de vie : ruralité ou périphérie urbaine, auto-production alimentaire, activités pastorales, création d’activité, participation à des réseaux d’échanges : troc, services, monnaies locales etc... ou correspondant à des empreintes culturelles : populations dites « du Voyage ».

Un habitat « hors normes » : solution aux contextes économiques, écologiques, et sociaux.

Diversité des situations

Les structures mobiles ou légères, même si celles-ci ne sont pas acquises en vue d’itinérance, sont élues comme domicile par : étudiants, familles mono-parentales, retraités saisonniers et intérimaires de l’agriculture, du tourisme et de l’industrie, artistes etc...

La durée du vécu peut y être transitoire, prolongée ou devenant au fil des ans une vraie culture d’habiter.

Les ressentis y sont parfois surprenants : « Je préfère habiter à l’année en camping : la vie sociale et la solidarité y sont plus intense » ; « cette vie me convient mieux, j’ai découvert simplicité de l’organisation du quotidien pour un coût introuvable dans la proposition de logements conventionnels », « les délais d’obtention pour l’habitat social me rendent SDF tout comme les expulsions », « l’offre d’habitat très social est quasi nulle »...

Bateau, caravane, mobil-home, yourte, camion ou utilitaire aménagé, tente ou tipi, roulotte, cabane dans les arbres ou à terre, dôme, kerterre, serre, auto-construction...constituent un habitat peu coûteux à acquérir et entretenir avec des charges énergétiques minimes : vite chauffées, ventilées, éclairées, ensoleillées. Des logements qui répondent au besoin premier de l’humain depuis la nuit des temps : avoir un toit au-dessus de sa tête pour l’éducation du petit d’homme et la survie.

Des solutions d’habiter financièrement abordables et écologiquement respectueuses qui s’inscrivent pleinement dans les nouveaux défis économiques et sociaux dans le concept si usité qu’est le développement durable..

L’utopie réalisée

Loin des clichés de l’assistanat, de la sidération que peut provoquer la précarité quand on perd son emploi, sa famille, ses repères de tous ordres, ces formes de réponse à la difficulté de trouver le toit idéal développent des responsabilisations, des savoir-faire, des adaptabilités, de vrais déclics de conscientisation (environnement, employabilité, vie des territoires en déprise). Ils sont généralement plus nombreux qu’on croit [1]. Ils témoignent d’un réel refus de de vivre au-dessus de ses moyens : surendettement personnel ou professionnel générateur de dégringolade sociale et d’assujettissement aux pouvoirs : financiers, législatifs, économiques, de gestion de la misère...

L’indignité dont on les affuble trop souvent gagne à être comparée à des situations d’habitat conventionnel, (à prix égal ? impossible), aux ghettos sans mixité sociale génériquement nommées banlieues induisant promiscuité, mal être, reste à vivre amputé par des conceptions d’habitat énergivores, localisations produisant une urbanisation indéfinie et galopante.

Qu’il soit par choix ou nécessité, l’habitat minimaliste mérite une vraie intégration au plan législatif dans les documents d’urbanisme, appréhendée dans la cohérence territoriale des communautés d’agglomérations [2], et une inflexion urgente de la norme dominante accueillant la diversité et les minorités agissantes avec dignité et respect [3].


[1pour preuve le fait qu’ils n’aient fait l’objet d’aucune recherche ou statistique d’envergure.

[2Code de l’urbanisme article L121-1

[3Code de l’urbanisme article L110.